ICODI ASBL - Projet "Genre" (3)

 

Le dynamisme de l'ASBL ICODI, active principalement dans le Sud-Kivu, et les résultats très encourageants qu'elle a obtenus sont dignes de susciter l'intérêt de tous ceux qui s'impliquent dans le développement de la Région et qui sont concernés par la problématique du genre.

C'est ainsi que méthodes et résultats ont retenu l'attention de Maxence, un jeune ingénieur belge, en mission à Bukavu et à Idjwi de novembre 2012 à fin janvier 2013. Guidé par Alain et d'autres responsables d'Icodi, il a pu visiter sur le terrain (à proximité de Kavumu) 3 actions-pilotes en ayant aussi une rencontre avec les éleveurs-producteurs locaux. La conclusion de Maxence est très positive : "Ce sont vraiment de beaux projets -qui se cherchent encore un peu- mais qui sont déjà très matures".

Compte-rendu de la visite de Maxence :

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Les responsables d'ICODI et les riziculteurs expliquent à Maxence leurs techniques de culture et les difficultés rencontrées 

VISITE GUIDEE DES ACTIONS D’ICODI A KARHANDA, BUSHUMBA ET UNE PARTIE DE NYACIBAMBA,
DANS LE TERRITOIRE DE KABARE

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Les responsables d'Icodi encadrent Maxence

Le 26 janvier 2013, ICODI a reçu Maxence en visite au Sud-Kivu. La visite a commencé par le petit bureau d’ICODI à KARHANDA où il a été accueilli par le coordinateur adjoint d’ICODI et le chargé de programme adjoint qui lui ont fait un bref historique de l’organisation. Ensuite, la visite guidée l'a amené à visiter trois types d'actions menées dans la région, en rencontrant les acteurs sur terrain qui lui ont expliqué ce qu'ils faisaient déjà avec l'aide d'Icodi, les résultats déjà obtenus, les difficultés rencontrées et les conditions d'amélioration de leurs activités.

Les femmes éleveurs de chèvres :
D'abord, il a eu un entretien avec le Comité des femmes éleveurs de chèvres. Ces femmes sont au nombre de 60. Elles avaient reçu d’ICODI 30 chèvres dans le cadre d'un crédit rotatif en nature. Le principe est le suivant : après 6 mois, dès que la chèvre a un chevreau, le chevreau  doit être remis à une autre femme. Grâce à cela, elles arrivent aujourd’hui à subvenir à certains besoins au sein de leurs ménages. Lorsqu'elles ont des difficultés, ce commerce les aide à relever ces défis. Néanmoins, elles ont toujours un problème : elles ne savent pas contracter de crédit au niveau des IMF (Institution de Micro Finance) car celles-ci appliquent un taux d'intérêt de 3%, bien trop élevé pour leurs possibilités. Après différentes questions posées à ces femmes, on a compris qu’elles ont souvent besoin pour relancer un petit commerce d’un montant évalué entre 250 et 300 $ à un taux de 1% et remboursable après 6 mois. Mais, jusqu'ici, ICODI ne parvient pas à les aider en cela car dans la zone on ne trouve pas une IMF qui accepte ce genre de client sans garantie.

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Rencontre avec les éleveurs et visite du cheptel

Les éleveurs de vaches :
Visite des éleveurs de vaches qu’ICODI encadre. Les formations assurées par ICODI permettent aux éleveurs de prendre bien soin de leurs vaches. C'est ainsi qu'ils ont aujourd’hui pris l'habitude de traiter les maladies de leurs vaches en utilisant les produits phytosanitaires. Pour avoir accès à ces produits les éleveurs cotisent par vache. Pour eux la pratique est bonne mais coûteuse principalement parce que les vaches ne produisent pas assez de lait, ni de viande. Ces éleveurs paysans ne disposent que de vachesz d'anciennes races. Ils éprouvent le vœu d’avoir même accès à des vaches des races améliorées  pour qu’ICODI facilite qu’il y ait accouplement afin d’avoir les vaches hybrides,  et voir la quantité de lait s’accroitre pour que leurs activités soit quand même rentable. Mais aussi, ils ont besoin d’avoir des séances de formations avec le vétérinaire, avoir des appareils comme : la pèse, thermomètre  pour prélever la fière, les pulvérisateurs  et la construction d’un hangar  où faire le traitement de leurs vaches. Il faut dire que les vaches des races améliorées coutent chères en OUGANDA entre 2500 et 3000 $. Une question que les éleveurs nous ont posée : comment avoir juste un taureau pour toute la communauté ? Enfin, ils ont aussi besoin d’avoir des crédits pour un fond de roulement.

 

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Parcours des rizières

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Décortiqueuse

 

La riziculture :
Nous avons ensuite visité les riziculteurs qu’encadre ICODI vers NYACIBAMBA dans le groupement de BUGORHE à KABARE. La culture du riz est très rentable car c'est une innovation introduite par l’Université Catholique de Bukavu dans la zone. Mais cette culture exige d’avoir assez de moyens... ce que les riziculteurs n’ont pas. Il faut dire que le drainage n’est pas une chose facile : c'est une activité qui demande une main d’œuvre significative. Pour que l’activité soit rentable, les riziculteurs souhaitent avoir accès au crédit et un appui en médicament contre la malaria car ils sont plus piqués par des moustiques. La grande difficulté est que la décortiqueuse est déjà en panne. Une question de leur part : comment faire pour avoir même des décortiqueuses de seconde main et qui viennent de l’Europe surtout que celle que nous utilisions est de la marque chinoise et donc, sans endurance ?

N.B : Maxence n’a pas eu la possibilité de visiter d’autres axes où les bénéficiaires des actions d’ICODI cultivent  les choux, oignons, haricot, mais en passant il a quand même vu les champs de tomates. Pour le territoire de WALUNGU, il n'a pas été possible d'y aller au moment de sa visite suite à la situation d’insécurité qui y règne et qui est occasionnée par les FDLR rwandais et le RAIYA MUTOMBOKI congolais.